Yohann Gozard

Le paradoxe de la nuit noire
Yohann Gozard, Lumière noire

Le Château d’Eau présente du 9 septembre au 1er novembre 2015 le travail photographique de Yohann Gozard. L’exposition montre plusieurs séries entre 2006 et 2015, Pauses, Wonderpools, et Lumière noire.Le travail de Yohann Gozard explore la relation de l’individu face au temps, à la vacuité d’espaces déserts et sans identité, au noir mat et sourd de la nuit. Il pousse son propre usage de la photographie dans ses retranchements techniques, plastiques et théoriques, questionnant la co-existence des technologies argentiques et numériques dans ce qu’elles apportent de sens. Il prend à contre-pied la question de l’instant décisif par l’usage quasi-exclusif des poses longues pour proposer une approche plus contemplative de la relation de l’homme à sa perception de l’espace et du temps.

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Son travail explore les interdépendances contradictoires entre le vu et le perçu. Il interroge les limites de l’image dans ce qu’elle s’adresse d’abord à notre vision, à notre désir de voir et de consommer du spectaculaire, de se laisser séduire par des images évidentes et flatteuses. Il manipule notre appétence à effectuer des rapprochements formels grotesques, à la faveur de décalages de contextes et de télescopages inhabituels. Enfin, il interroge aussi la mémoire des lieux et ses traces, stricto sensu.
Cette exposition est l’occasion pour le Château d’Eau de présenter le travail d’un auteur toulousain particulièrement actif.

Lorsqu’il parle de son travail de photographie nocturne, Yohann Gozard aime rappeler que la nuit n’est pas l’absence de lumière. Elle est une temporalité à clarté incertaine, une ambiance à faible proportion de photons. Il raconte comment il parcourt la nuit, l’explore et la traverse. Alors que la vie est endormie, il peut passer des heures avant de pouvoir identifier le bon angle qui à son tour donnera lieu à de longues prises de vue permettant de contrebalancer la ténuité de la lumière. S’ouvre alors un travail d’atelier – qu’il aime aussi volontiers aborder –, de retouches, pour diriger l’image exactement vers ce qu’il souhaite. Loin de la mythologie du photographe qui se saisit d’un instant furtif du réel, il exploite le numérique pour toutes ses potentialités. C’est donc depuis une profonde expérience dans le paysage capté et au travers d’un “chantier de pixels” que l’image est finalement devenue. Le public peut alors s’y confronter. La densité de matière qu’elle contient exprime la profondeur de la nuit, son ressenti le plus sensible. On pense au “temps qui se chique” dont parlait Cioran et on peut se figurer l’artiste, dans ces nuits de captation, une forme qui se love dans sa contre-forme. Paul de Sorbier

Yohann Gozard, né en 1977, vit et travaille à Toulouse.
Après un cursus en Arts Appliqués à Nevers puis Toulouse suivi d’un Master 2 en Audiovisuel à l’ESAV, il se consacre aux arts visuels, explorant parallèlement les arts graphiques puis la photographie, qui devient finalement le support exclusif de son travail de création depuis une quinzaine d’années.
Il présente en 2006 sa série “Pauses” à la Galerie du Château d’Eau et au CIAM, à Toulouse et participe depuis régulièrement à des expositions et résidences d’artistes en France et à l’étranger.
Son travail est fréquemment publié dans la presse spécialisée et fait dorénavant l’objet de commandes régulières, notamment autour de l’aménagement du territoire, et d’acquisitions de la part d’institutions publiques.
Ces dernières années ont été ponctuées notamment par une résidence de création à Düsseldorf, suivie de l’exposition de deux de ses séries à la Biennale Photographique de Moscou par la Moscow House of Photography, puis par de nombreuses résidences de création et expériences pédagogiques telles que le projet “là-bas si j’y suis” piloté par La cuisine à la Maison d’arrêt de Montauban et mené de 2013 à 2015.
Les années 2014 et 2015 furent l’occasion d’une résidence à la Maison Salvan et d’expositions à Labège, Marseille, Bordeaux, Cuenca, Bruxelles, Toulouse, etc.

Exposition en partenariat avec ParisArt
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