Crespi, Léa

Je ne suis pas dans une recherche du mouvement. L’idée de ce travail est basée sur la rencontre de trois matières : la matière du lieu, schématisée par le mur devant lequel passe le corps – toujours le même corps –, la matière du corps qui est la peau, et la matière de la photographie. Qu’est-ce qu’il se passe quand on met en œuvre une prise de vue photographique dans ce genre d’endroit avec ce type de corps, nu, simplement de la peau ? Qu’est-ce qu’il se passe photographiquement et qu’est-ce qu’il se passe dans le réel quand le protocole des trois matières est mis en place ? Léa Crespi, Entretien avec Christine Delory-Momberger

Repères biographiques
Née en 1978 et diplômée de l’Ecole d’Arts Appliqués de Vevey, Léa Crespi est photographe indépendante mais est représentée à Paris par la galerie Vu. Elle collabore à de nombreux journaux et expose régulièrement en France et à l’étranger. Son travail décrit un parcours dans une succession de pièces désaffectées qu’elle traverse nue. Elle nous propose des photographies couleurs de très grands formats où le lieu et le corps interrogent l’existence et sa fragilité ainsi que notre part d’humanité dans un espace chargé d’histoire. Dans cet univers livré à l’abandon et au délabrement, ce personnage, sans jamais donner un sentiment d’exploration du lieu, incarne une présence floue, détachée, en quête d’une issue. Trouvant certaines de ses inspirations dans Ulysse de James Joyce et la Divine Comédie de Dante, Léa Crespi agit comme un révélateur qui renvoie à la quête de soi, son passé, ses origines, au – delà de l’enfermement. Adoptant des positions proches de celles d’un mannequin ou d’une créature virtuelle d’un jeu vidéo, Léa Crespi nous révèle un corps docile semblant presque privé de sa motricité.
Le site de Léa Crespi