Rencontre // Rodrigo Gomez Rovira / Arno Brignon

Le Château d’Eau accueille Rodrigo Gomez Rovira et Arno Brignon à l’occasion de la sortie de leurs livres :

“Ultimo Sur” – Ed Xavier Barral, Rodrigo Gomez Rovira.
“La Formation des Vagues “ – FIFV ediciones, Arno Brignon

Alternant projection et discussion, les thèmes abordés seront:  Photographie, Edition, Résidence et Festival, Chili, Patagonie, Gers et Montagne Noire…

Avec la participation de Jean-Marc Lacabe, directeur du Château d’Eau, de Marie-Frédérique Hallin, directrice du Centre d’Art et de Photographie de Lectoure et de Fanny Baxter, adjointe au maire déléguée à la culture de la Ville d’Aussillon, organisant le projet ReM Aussillon

La signature des ouvrages aura lieu autour d’un verre.

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« Ultimo Sur » de , Rodrigo Gomez Rovira Ed Xavier Barral.

 

Cet ouvrage plonge le lecteur dans un voyage à l’autre bout du monde mélangeant les photographies de Rodrigo Gómez Rovira et celles que son grand-père avait faites après qu’il s’était installé avec sa famille en Terre de Feu en 1938 après la grande réforme agraire au Chili. Quarante ans plus tard, la génération suivante s’exile en France pour fuir la dictature. Ce n’est que dans les années 1990 que Gómez Rovira décide de retourner au Chili, à la recherche de ses origines et de l’histoire de sa famille.
Ultimo Sur est un livre hybride dans lequel l’auteur mêle l’album de famille créé par son grand-père et ses propres photographies de cette vaste région, magnifique et isolée, qui laissent la place à l’imaginaire. On y découvre un milieu agricole laborieux et la vie difficile des éleveurs. Les portraits, témoins d’une époque oubliée, se glissent entre les scènes du quotidien et les paysages sauvages qui s’imposent entre montagne et océan.

À propos de Ultimo Sur, Rodrigo Gómez Rovira dit:

« En 1978, lorsque j’avais 10 ans, mes parents nous ont envoyé, mon frère et moi au Chili.
Nous vivions en France et ils étaient interdits de séjour au Chili.
Ils nous ont fait faire ce voyage pour que nous puissions connaître notre pays.
Ce fut la première fois que je découvrais la Terre de Feu.

Suite à mon premier séjour, j’y suis retourné en 1990.
Depuis j’ai réalisé plus de 20 voyages pour travailler, en famille ou seul.

J’ai adopté ce territoire.
Là où le sud n’existe pas.
Là où la fin du monde n’est pas une métaphore.
C’est l’Ultime Sud.

Les éléments de la nature s’imposent, sculptent le caractère et l’horizon de ses habitants.

J’ai découvert un album familial réalisé par mon grand père. C’est cet album qui donna sens à toutes mes photographies prises depuis 30 ans. »

 

Note Biographique :

Rodrigo Gomez Rivera est né en 1968 au Chili.
Il arrive en France en 1973, avec sa famille qui fuit le régime de Pinochet.
Après des études de psychologie à Paris, il se consacre à la photographie en autodidacte. Son premier travail porte sur le quartier où il a grandi en banlieue parisienne, à Colombes, ville pour laquelle il travaillera deux ans comme photographe municipal. En 1996 il s’embarque sur un cargo polonais, pendant 45 jours, pour regagner le Chili. Il y crée la première agence photographique, IMA (Imagen Memoria Autor).
En 2003, il est commissaire de l’exposition présentée à Perpignan retraçant le travail de 4 photographes chiliens pendant la dictature.
Depuis 2005 il est installé à Valparaiso, ville qu’il ne cesse de photographier. Son travail photographique se concentre essentiellement sur l’Amérique Latine où il réalise régulièrement des commandes d’état (sur l’isolement social au Chili) et des commandes privées.
Rodrigo Gomez Rovira travaille régulièrement comme consultant de maisons de production de documentaires et films vidéo. Il est aussi depuis 2010 le Directeur du Festival International des Photographie de Valparaiso.
Il est représenté par l’agence VU’

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« La Formation des vagues » de Arno Brignon – Ediciones FIFV

C’est un voyage dans un lieu où l’histoire et la géographie restent incertaines, un lieu où les chiens courent libres dans les rues après les voitures, un lieu où les montagnes et les collines sont un écho incessant aux vagues de l’océan, un lieu à la croissance passée, tombé depuis au champ de bataille de la sainte guerre économique, un lieu où les grands ensembles sont détruits, remplacés par de petits chez soi, un lieu où hôpitaux et écoles deviennent des musées offerts au touriste de passage. Ce lieu n’a pas besoin de nom, tant il ressemble aux autres dans sa perte. Celle de ses habitants, celle d’une identité, celle surtout du lien social. La disparition est en place, l’homme devient un être séparé et la terre un espace uniforme. Le passé est figé dans un décor pour que le présent puisse aller toujours plus vite vers ce futur incertain. Je suis dans ce lieu que je n’ai pas choisi. Valparaiso, Aussillon, Lectoure et Condom ne forment maintenant plus qu’un dans mon histoire.

Note Biographique :

Arno Brignon est né en 1976. Il vit à Toulouse. Il quitte le métier d’éducateur en 2010 pour embrasser celui d’auteur photographe. Son travail fait l’objet de nombreuses expositions en France et à l’étranger.
Il est membre de l’agence Signatures, Maison de photographes depuis 2013.