Rétrospective Antanas SUTKUS à l’Hôtel Fontfreyde, Clermont-Ferrand à partir du 16 novembre 2018

L’Hôtel Fontfreyde – Centre photographique propose la première rétrospective à Clermont-Ferrand consacrée au Lituanien Antanas Sutkus, l’un des plus grands photographes de l’ex-bloc de l’Est. Son œuvre, qui a su déjouer les pièges de la censure politique, est aujourd’hui exposée dans le monde entier.

L’ exposition dévoile plus de 150 photographies en noir et blanc – tirages originaux de l’artiste et retirages récents.

 

Exposition présentée du 16 NOVEMBRE 2018 > 2 JANVIER 2019

COMMISSARIAT:  JEAN-MARC LACABE ET FRANÇOIS-NICOLAS L’HARDY

 

Visuel expo Hôtel Fontfreyde, Clermont -Ferrand

 

UNE AUTRE HISTOIRE DE LA PHOTOGRAPHIE

Antanas Sutkus, photographe autodidacte, a su déjouer les pièges de la censure politique comme ceux de l’anecdote. Il décrit la vie de tous les jours d’une manière juste, tendre, ironique parfois, toujours forte, dans une écriture vive, rétive aux systèmes et aux influences. Souvent considéré comme photographe humaniste, promenant son œil malicieux sur ses congénères, il ne se contente pas de montrer leur quotidien et ne se perd pas non plus dans les pièges de la géométrie. Alors que ses compatriotes se laissent aller aux influences du réalisme socialiste soviétique, Antanas Sutkus, lui, fait “autrement”. Ses cadrages, toujours variés, sont à la fois construits et spontanés. Il s’accorde même des accidents. Comme le dit si bien Ben Lewis : « Il y a des images et il y a des contre-images. » Une contre-image est produite comme un acte de résistance contre une image dominante, officielle et publique. Les vastes archives d’Antanas Sutkus comportant 700 000 photographies autour de la vie quotidienne de la Lituanie communiste entre 1956 et 1989, sont parmi les plus importantes librairies au monde de contre-images ja – mais produites. Chaque photographie de Sutkus est, pour paraphraser Orwell, « une mince contre-révolution, un acte d’opposition contre l’idéologie visuelle de l’état ». Pour le public actuel, il sera parfois difficile de voir ce qui faillit causer beaucoup d’ennuis à Antanas Sutkus qui échappa de peu à la prison. Ce sont souvent de simples détails qui vont à l’encontre des règles érigées par la propagande soviétique : des gens en haillons, un petit pionnier qui ne sourit pas, des ouvriers qui se reposent… Cependant, chaque image recèle un peu de subversion teintée de la douceur du regard de ce grand photographe. Jean-Marc Lacabe, directeur de la galerie du Château d’Eau 

 

Exposition Antanas Sutkus “Un regard libre” en 2011 au Château d’Eau