Pieter Ten Hoopen “Au chevet du monde”

Pieter Ten Hoopen  “Au chevet du monde “

Avec le concours du laboratoire Photon
Pieter Ten Hoopen est représenté par la Galerie VU

 

Tokyo-Japan

 

           Série Haiyan

 

Du 28 juin au 17 septembre 2018, le Château d’Eau présente les travaux de Pieter Ten Hoopen et de Joséphine Desmenez. Malgré les différences entre ces deux photographes qui sont d’ordre générationnel, formel ou de motifs, des rapprochements s’observent et enrichissent mutuellement la lecture de leurs œuvres : chacun traite de faits d’actualité mais sans les montrer explicitement, préférant emprunter les chemins de l’art pour traiter des drames abordés.

Sous le titre « Au chevet du monde », nous rassemblons trois des principaux ensembles de Pieter Ten Hoopen : Hungry Horse, Haiyen et Tokyo 7. Depuis les années 2000, Ten Hoopen, photojournaliste et documentariste suédois, s’intéresse principalement aux conditions de vie des minorités. Il travaille pour la presse ou des organismes non gouvernementaux, et effectue de nombreux reportages à travers le monde : Colombie, Pakistan, Russie, Etats-Unis, Égypte, Kenya, Suède, Irak, Syrie, Afghanistan… Il apporte ses témoignages sur les conditions complexes dans lesquelles des populations sont plongées. Mais plus que des situations qui habituellement font les unes de l’actualité, ce qu’il nous donne à voir ce sont les gestes du quotidien, la capacité des hommes et des femmes à résister face à l’adversité, voire leur résilience après une catastrophe. S’inscrivant dans les pas de W. Eugene Smith qui disait devoir « être artiste pour pouvoir être compris », il est attentif à la forme pour traduire les drames du monde qu’il aborde. Refusant le spectaculaire, Ten Hoopen accorde ses images aux drames vécus en alliant écriture visuelle claire et couleurs adoucies par une légère désaturation. Cette esthétique tout en douceur traduit ainsi la profonde empathie de cet auteur.

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Série Hungry Horse

« Je suis amoureux du Montana. Pour les autres états, j’ai de l’admiration, du respect, de la reconnaissance et même de l’affection, mais avec le Montana c’est l’amour. »

Ce sont les seuls mots que John Steinbeck a utilisé pour décrire Montana dans son roman, voyages avec Charley (In search of America) publié en 1960.

En 2003, un peu avant les élections présidentielles américaines, j’ai décidé que je voulais documenter les États-Unis à travers une ville – un petit environnement. George W. Bush a été élu pour la deuxième fois et a lutté contre le terrorisme. C’est l’histoire d’une petite ville, Hungry Horse, située dans les Montana Rocky Mountains à quelques kilomètres du parc national des Glaciers. Hungry Horse et ses environs dépendent principalement de la saison touristique estivale.

Les hivers sont figés et il y a peu de travail dans le canyon. Seul le Glacier National Park fournit la plupart du travail et occupe de grandes parties du canyon. Au fil des années, de nombreuses industries locales ont disparu ou ont été délocalisées vers d’autres endroits. La récession de 2007 a été difficile sur cette zone, comme sur tant d’autres petites villes à travers les États-Unis.

Je documente cette région depuis plus de 10 ans. J’ai vu des gens partir du canyon et y revenir. Ma documentation photographique n’est pas tant factuelle qu’émotionnelle. Le travail lui-même est basé sur la traduction d’un état d’esprit à travers les personnes et les paysages. Je pense qu’il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre cet endroit et dépasser les clichés sur les États-Unis.

J’ai voyagé et travaillé à travers les États-Unis pendant plus de 15 ans sur de nombreux projets, mais je reviens toujours à la citation de John Steinbeck. Je suis amoureux du Montana.                                                                                                   Pieter Ten Hoopen