Dossier pédagogique #44 – Family, Family

Dossier pédagogique Family, Family : Les quatre artistes réunis autour du titre « Family/Family », originaires de quatre pays européens (Grande Bretagne, Finlande, Allemagne, France), photographient tous l’intime et prennent leur cellule familiale comme terrain de recherches ? Cependant loin de l’album de famille qui souligne les grands moments de l’existence, ils mettent en lumière les menus détails du quotidien, rendant alors universelles ces images censées représenter leur vie privée.

Exposition Family,Family, photographie Ilka Kramer
Exposition Family,Family, photographie Ilka Kramer

→ Dossier pédagogique Family, Family

Voir aussi :
→ Voir le travail d’Ed Alcock
→ Voir le travail d’Ilka Kramer
→ Voir le travail d’Arja Hyytiäinen
→ Voir le travail de Julien Magre

La photographie de famille est souvent considérée comme un sous genre, pas vraiment reconnu, mais lorsqu’un photographe installe une atmosphère particulière, une esthétique qui lui est propre, la photo banale d’un enfant devient une œuvre. Elle débute dès l’origine de la photographie et s’est totalement démocratisée avec l’arrivée du premier appareil Kodak (1910), facile à utiliser et abordable, et de ce fait du photographe amateur. Tout le monde souhaite éterniser sa vie de famille et ainsi en conserver des souvenirs. Aujourd’hui on ne se soucie plus du « raté » grâce aux appareils numériques et la possibilité de stockage incroyable. On se libère de certaines contraintes : on ne pose plus, on photographie nous-même nos moments intimes, on laisse exprimer nos sentiments. On donne autant d’importance aux photographies d’évènements traditionnels (mariages, naissances anniversaires…) aux souvenirs de voyages et de vacances qu’aux petits moments de bonheur et de joie que l’on peut vivre au quotidien.

Les albums de famille rassemblent et organisent toutes ces photos. Ils retracent une histoire, témoignent d’une époque et conservent les souvenirs. Ils sont destinés aux membres de la famille mais aussi aux générations futures pour entretenir la mémoire des évènements passés et ceux des disparus. Ces albums sont pour la plus part conventionnels : il est convenu de capturer tel évènement, de bien se tenir face l’appareil et de ne photographier que les moments heureux. Ces règles implicites faussent la vérité. On ne voit pas les chamailleries des enfants, les pleurs ou la douleur de la perte d’un être cher. Avec l’arrivée du numérique et de la possibilité de stockage importante qu’offrent les cartes mémoires et les ordinateurs, la confection d’album de famille s’est faite de plus en plus rare. La pratique se perd.

La photobiographie (contraction de photographie et autobiographie) est un terme apparu dans les années 1980 pour désigner ces artistes qui font de leur vie de famille une œuvre. Le photographe ne se soucie guère de conserver des souvenirs lorsqu’il réalise sa photobiographie, ce qui lui importe c’est d’avoir sur son quotidien et sur ses proches, un regard différent, plus romanesque. Sublimant alors sa vie de famille, chaque petit moment, aussi insignifiant soit-il, peut se révéler merveilleux.

L’autobiographie est un genre littéraire particulier où l’auteur se fait narrateur et personnage principal. Il écrit sur sa propre vie, les épreuves qu’il a vécues et les rencontres avec une certaine continuité et linéarité. Le photobiographe peut lui aussi avoir une multiple personnalité : photographe, photographié, père ou mère.
Il semble vouloir saisir la poésie de ces moments fugitifs. Il n’y a pas de continuité historique dans une photographie, elle est prise à un instant précis, unique. Il nous permet de voir simplement des fragments de sa vie, de son intimité, de sa famille.

L’autofiction est un sous genre de l’autobiographie. Tout comme pour l’autobiographie, l’écrivain détient la triple personnalité (auteur, narrateur, personnage principal). Cependant l’auteur ajoute au récit de sa vie des éléments fictifs, c’est-à-dire de l’imaginaire. Le réel et la fiction sont en correspondance et forment un tout.