Fernando Lemos

Il est difficile d’inclure le travail photographique de Fernando LEMOS dans une vision historique de la photographie au Portugal, parce-qu’il ne s’est jamais considéré comme un photographe et que la photographie n’a représenté qu’une courte période dans sa longue carrière d’artiste. Né à Lisbonne en 1926, c’est dans cette ville qu’il a ses premières émotions visuelles et musicales, qu’il fait ses premières rencontres. Il fréquente l’école d’Antonio ARROIOS, et découvre par exemple les poèmes d’ Alvaro de CAMPOS récités par l’actrice Manuela PORTO. Encore adolescent, il travaille comme lithographe et multiplie les rencontres avec les poètes et les artistes. Entre son travail de graphiste et sa passion pour le dessin, il parcourt la ville avec ses amis et se retrouvent tous à la BRASILEIRA DE CHIADO », pour d’interminables après-midi d’échanges. A 18 ans, il travaille comme dessinateur publicitaire, ce qui lui permet de multiplier les contacts avec les nombreux artistes et les poètes en marge du monde des critiques d’art, tout en continuant d’étudier la peinture à la Société Nationale des Beaux-Arts. En 1947, il passe des vacances avec le peintre VESPEIRA aux îles Berlengas où il réalise une série de peintures sur l’eau. L’idée que l’eau est consubstantielle à la peinture, fut un élément déterminant de ce travail et suscita l’idée de faire des photographies à partir de cette évidence en essayant de montrer dans ces images cette même présence de l’élément liquide . En 1949, il achète un « flexaret » et il photographiera jusqu’en 1951. Il n’a jamais appris la technique photographique à l’exception des rudiments de base. Le seul photographe qu’il ait connu fut l’illustrateur Victor PALLA. Deux ans plus tard, il rencontre MAN RAY dans l’atelier de VIEIRA DA SILVA, à Paris . Cependant, l’achat de son appareil fut un acte déterminé. De ces trois années de travail restent une centaine de photographies, tranches de vie, où transparaissent ses états d’âme… En 1953 il quitte le Portugal pour le Brésil où il vit encore aujourd’hui. Le poète Manuel BANDEIRA, évoque à propos de l&#8217
&#339
uvre. Il ne s’est plus occupé de photographie sauf les rares fois où l’on fait appel à lui pour la présentation de son travail. Jorge Molder (extrait du catalogue consacré à Fernando Lemos par la Fondacao Gulbenkian/Centro de arto moderna José de Azeredo Perdignoo Traduction Paula Alberto) «