Jean-François Joly

5 novembre au 4 janvier 2015
Être au monde
joly
→ Résidence aidée par la Caisse des Dépôts

Le travail que Jean-François Joly a réalisé dans le cadre de la résidence photographique au Château d’Eau invite le visiteur à découvrir le quotidien des quartiers dits sensibles de la ville rose. Alternant entre les grands tirages et l’enchaînement de formats plus modestes, cette exposition nous confronte à ces territoires urbains comme elle nous plonge dans l’intimité de ses habitants. Une plaque de cuisson, une cafetière sur une gazinière, un torchon accroché à côté de couteaux sur le mur d’une cuisine… Autant de traces intérieures qui ne tarissent pas d’anecdotes sur ces gens. Leurs portraits, qu’ils soient figuratifs ou anecdotiques, résultent d’un long travail du photographe pour être accepté dans ces lieux privés. Parvenant difficilement à rencontrer les habitants de ces quartiers, il prit contact avec des structures sociales et associations de terrain. Ainsi, il parvient à entrer en relation avec des personnes qui, lorsqu’elles sont consentantes, lui offrent une riche matière photographique. Le procédé de réalisation de ces images – en moyen format sur film argentique couleur – s’inscrit justement dans cette démarche d’approche respectueuse. Un tel format surprend et provoque des interrogations chez les personnes photographiées. Un rapport singulier s’instaure entre elles et le photographe. Ces individus se détendent alors face à la lenteur du dispositif se donnant entièrement devant l’objectif dans une lumière naturelle.
Biographie

Né en 1961 à Châteauroux. Jean-François Joly est photographe depuis le début des années 90. Après avoir été membre d’agences telles que Métis, Editing ou Œil Public, il est aujourd’hui photographe indépendant.

« [JF Joly met] sur le devant de la scène les oubliés de la société du spectacle, mais en refusant justement les commodités du spectaculaire. » François Saint-Pierre

Après avoir réalisé de nombreux reportages pour la presse française et internationale dans les années 90, il décide alors d’abandonner progressivement le reportage pour pratiquer principalement le portrait. Ses recherches photographiques portent sur les laissés-pour-compte de nos sociétés. C’est ainsi qu’il a dressé le portrait d’exclus de nos sociétés à la manière dont on tire le portrait des personnalités publiques.
Dans ses travaux il désire dévoiler la fragilité de l’homme, indépendamment de son statut social, et nous amener à nous interroger sur notre propre condition. En témoigne sa série Naufragés de la ville, réalisée en film Polaroid et éditée par Contrejour en 1994 ou bien encore la série Roms de Macédoine édité en 2010 par Textuel et Amnesty International.
Sa démarche s’inscrit dans un protocole spécifique puisqu’il utilise des procédés qui lui permettent de construire un rapport intime avec ses modèles. La chambre photographique instaure une dimension respectueuse et calme tandis que le Polaroid donne aux modèles un accès immédiat à leur image. Dans un cas comme dans l’autre, Jean-François Joly restitue leurs photographies aux personnes fixées par son objectif, établissant alors une relation égalitaire avec ses modèles.
Il a recours au moyen ou au grand format pour traiter ses projets photographiques qui s’inscrivent alors dans la pratique documentaire. En parallèle à cette activité personnelle, il répond à des commandes pour la presse, des institutions ou bien encore pour des entreprises.

http://www.jfjoly.com/

Documents à télécharger :
Feuille de Salle Joly