Dossier pédagogique # – Weegee

Né le 12 juin 1899, Usher H. Fellig alias Weegee, ou Weegee The Famous comme il aimait se désigner, fut le premier chasseur de faits divers dans le New-York des années 30-40. Pendant une quinzaine d’années il dresse le portrait d’une ville marquée par le Grande Dépression.

Ses photos témoignent de la rue, des drames du quotidien, de la misère sociale. Les thèmes abordés dans ses photographies sont le chômage, la criminalité, la prostitution, la violence des gangs et l’exclusion. Il est souvent le premier sur les lieux du crime, branché en permanence sur la fréquence radio de la police. Il hante sans relâche les nuits de la cité avec son appareil photo, un Speed Graphic, et sa voiture, une Chevrolet, équipée comme un laboratoire ambulant. Cette ville démente lui inspirera plus de 5000 photographies et ses photos feront la une des plus grands journaux de l’époque.
Avec son humour noir et incisif, ses éclairages au flash, son charisme et son culot, il sort la photographie criminelle du caniveau et lui donne une dimension cinématographique qui inspirera les plus grands cinéastes hollywoodiens. Aujourd’hui ses photographies n’ont rien perdu de leur intensité dramatique, leur pouvoir de fascination reste inégalé et font de Weegee un maitre incontesté du crime.

Au plus près de l’évènement…
Weegee court sans relâche d’un coin à l’autre de New-York pour être le premier sur les lieux des crimes.. Il a même le privilège inouï d’être directement branché sur les ondes radios du commissariat de police. Sa voiture, une Chevrolet est entièrement équipée pour ses épopées nocturnes. On trouve dans son coffre des ampoules de flash, des appareils chargés à l’avance, sa machine à écrire, ses bottes… Son appareil, le Speed graphic est son allié le plus performant dans cette course aux faits divers.

Les réactions de la foule…
Le spectacle du fait divers, plus particulièrement les réactions de la foule provoquées par un évènement de proximité sensationnel, constitue le principal objet de la photographie de Weegee . Au lieu de photographier directement les accidents, les incendies ou les morts, il choisit souvent de représenter les spectateurs du drame, les différentes réactions des regardeurs. Il tend à représenter ainsi le traumatisme ou l’euphorie que produisent ces évènements. Il s’intéresse avant tout à la sensation qu’éprouvent les témoins du drame.

Les dormeurs
Weegee a grandi dans une extrême pauvreté, enfant il vendait même des bonbons pour subvenir aux besoins de sa famille. Ses photographies sont parfois l’écho de cette enfance défavorisée. D’autres s’articulent autour de la thématique du sommeil des enfants. Weegee a vécu les étés torrides de New-York où la chaleur est si intolérable qu’il faut dormir dans les escaliers de secours.

Le monde de la nuit
Le New-York que nous montre Weegee n’’est pas seulement celui des faits divers dramatiques ou sanglants. C’est aussi celui des « noctambules ». Boites de nuit, dancing, bars, opéra, constituent des petits théâtres de la réalité et leurs scènes inspirent ce photographe attentif à tout ce qu’il y a d’excessif dans les comportements humains. C’est là qu’il excelle dans cet humour un peu noir qui englobe les différentes classes de la société.

Caricatures et distorsions
« J’avais photographié pendant des années des gangsters morts, des femmes en pleur, des incendies, j’étais saturé de ces horreurs aussi j’ai décidé de chercher ailleurs un peu d’humour et de beauté » déclare Weegee après la parution de son livre Naked city. Il réalise alors des distorsions à partir de différentes techniques : en jouant avec des miroirs déformants, en brulant ses négatifs pour faire fondre l’image, ou en inventant une sorte de kaléidoscope, baptisé le « weegeescope » qui lui permet de réaliser des caricatures de gens célèbres comme Marilyn Monroe, John Kennedy ou Charles De Gaulle.

Racisme et l’exclusion
Dans ces années-là aux Etats-Unis, Weegee est confronté quotidiennement au racisme, certaines de ses photos en témoignent. Son engagement dans la lutte pour la cause noire et pour leurs droits civiques est visible dans le choix de ses sujets. Comme lorsqu’il choisit d’aller dans les cinémas que seuls les noirs peuvent fréquenter afin qu’ils ne soient pas mêlés à la population blanche.

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