Doisneau, Robert

 

Robert Doisneau
Mademoiselle Anita, 1951
Collection du Château d’Eau

« Cette photo… je l’intitule » Anita » ; je ne sais rien d’autre sur cette dame. Nous appelons aura l’espèce de tube de néon qui s’allume autour de certaines personnes et les isole un instant. Il faut travailler vite pour saisir l’aura, car elle est très fragile. J’ai dit à Anita : » S’il vous plaît, ne changez rien, ne bougez pas, je vous expliquerai après. » Elle a dû se rendre compte de l’effet produit, car, sans même lever les yeux, elle a gardé cette attitude de pudeur obstinée qui lui allait si bien. » R.D.

Photographie issue d’un reportage sur l’accordéon et les chanteurs de bals, de cabarets, de cafés des quartiers populaires de Paris. Cette photographie a été réalisée en lumière naturelle et non avec un flash comme pour la série. Doisneau fut obligé d’employer une très faible vitesse de d’obturateur sur son Rolleiflex et d’ouvrir l’objectif au maximum. Grâce à cela, l’image possède une douceur et un léger flou qui lui donne un caractère énigmatique.Doisneau est visible deux fois dans les miroirs derrière Anita.
Témoignage extrait du livre de Peter Hamilton, Robert Doisneau la vie d’un photographe, Hoebeke, 2005

Robert Doisneau (1912-1994)
Il est probablement le photographe français le plus connu dans le monde entier grâce au « Baiser de l’Hôtel de Ville ». Grande figure du réalisme poétique, ses photographies noir et blanc des rues de Paris d’après-guerre et de sa banlieue ont fait sa renommée…