Géraldine Lay

3 mai au 24 juin 2012
Les failles ordinaires

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Le Château d’Eau présente du 3 mai au 24 juin 2012, une exposition du travail de Géraldine Lay. Sous un titre, « Les failles Ordinaires », reprenant celui d’une de ses séries, cette exposition propose un regard transversal à travers différents travaux réalisés entre 2005 et 2011. Elle a pour embition d’amener à la surface la singularité de la démarche de cette photographe, ancienne élève de l’École Nationale de la photographie d’Arles.
Son œuvre est le résultat d’une pratique régulière presque quotidienne. Munie d’un petit appareil léger et compact qu’elle emporte partout et garde sur elle en permanence, elle est à la recherche de « petits événements ». Dans son quotidien, dans ses déplacements, lors de voyages ou simplement au cours de promenades, elle guette des petits faits, des gens, des lieux, qui décideront de la photographie.

Des conditions de lumières particulières, des scènes souvent anodines, la guident et appellent une photographie. Elle photographie au hasard des rencontres, sans préméditation, sans mise en scène. Et même si elle se raconte des histoires en regardant ce qui se déroule devant elle, le présent suspendu de l’image fige le secret de leur apparition. Ces rencontres entre un état du monde fragmentaire et les glissements (de sens) du souvenir ou de l’imaginaire, produisent cette impression de mise en scène. Dans une production massive, certaines de ces images prennent corps, sortent du lot, lorsque l’opération photographique développe un mystère, un moment de suspension dans le temps, restitue une dose de « douce étrangeté ».
Dans sa série « les failles ordinaires » Géraldine Lay s’est régulièrement rendue dans les pays du nord de l’Europe : Finlande, Suède, Norvège, Ecosse, Danemark, ainsi qu’à Paris et Beauvais. Elle avait l’impression d’être à la fois dans un univers familier mais aussi d’être plongée dans un monde étrangement extra-ordinaire.
Cette série est un mélange de portraits, d’objets trouvés et de paysages. Elle photographie les passants comme s’ils étaient les acteurs d’une scène, les lieux comme s’ils étaient des décors de cinéma. Rien ne relie les villes qu’elle a parcourues, seul son imaginaire construit entre elles, un récit improbable, une autre fiction. Les passants semblent jouer une pièce indéterminée, comme si chacun se mettait à vivre un songe fugitif.
Sa photographie parle aussi de l’histoire propre de la rencontre entre l’artiste et la ville, du moment où se révèle l’étrangeté d’une ville quand on la découvre.
Ce travail fait l’objet d’une ouvrage « Les failles ordinaires » édité par Actes-sud avec la participation du Château d’Eau.

« On arrive dans une ville. Ce n’est plus notre ciel, ce ne sont plus les rues qu’on connaît. La couleur même est différente : la vieille brique, et ce que la ville témoigne d’histoire,la vieille et usante histoire des hommes – à Beauvais c’est depuis si longtemps – et des sculpteurs de cathédrale aux tisseurs de tapisserie (Beauvais « ville drapante », Beauvais ville de l’indienne) tout a fait trace. Mais est-ce qu’on ne vit pas ici comme n’importe où ailleurs ?
Qu’est-ce que le présent ? Est-ce qu’il indique une continuité, un art de vivre, est-ce qu’il rassure sur nous-mêmes ? Que nous disent les autres, ceux que pour l’instant on ne connaît pas, le croisement bref des regards, la façon dont on s’assemble, juste ici où on est, cette patinoire dressée sur une place ?
La photographie fascine, parce qu’elle nous prouve optiquement, chimiquement, que ce qu’on voit existe, a du moins existé à l’instant précis dont l’image est la trace. Bien sûr, l’art du photographe est de jouer de cette contrainte : on peut mettre en scène l’instant, travailler sur des séries de temps qui le décomposent et ainsi de suite. Il y a tant d’images qui interdisent d’en revenir à la réalité qu’elles supposent : Géraldine Lay appelle cela des failles. » François Bon

Repères biographiques
Géraldine Lay, née en 1972 à Mâcon, vit et travaille à Arles. Diplômée de l’Ecole Nationale de la Photographie en 1997, son travail est représenté depuis le printemps 2005 par la Galerie Le Reverbère, Lyon. Elle est responsable de fabrication aux Editions Actes Sud.
L’exposition a été réalisée avec la collaboration de la Galerie La Réverbère de Lyon, et Diaphane, Beauvais.
Exposition en partenariat avec ParisArt

Documents à télécharger :
Dossier de presse
Dossier pédagogique
Feuille de salle
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