Claude Nori

8 juin au 11 septembre 2011
Géométrie du flirt
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Couples d’adolescents, jeunes femmes à la mer, à la campagne, dans la brume, au soleil; les regards se croisent, les rires fusent, la posture se relâche, Claude Nori immortalise des instants fragiles, des moments furtifs et d’abandon où l’émotion de la rencontre est à l’acmé. Des moments de partage entre la personne et lui ou entre la personne et l’objectif.
Claude Nori tient de son origine toulousaine l’esprit du fin’amor dont le raffinement et la sensualité enflammaient l’imaginaire, il célèbre à sa façon ce rituel chevaleresque, ancêtre du flirt, que la photographie lui a permis de pratiquer dans 1, place Laganne 31300 Toulouse les règles de l’art. JML

Pour Claude Nori, la photographie n’est pas seulement un art de l’observation et de la composition mais le résultat d’un acte de participation. La même conception apparaît dans Il me semble vous avoir déjà rencontré quelque part où il écrit « Chaque photographe créateur recherche avec obsession le fragment du réel qui lui est propre et qu’il fait coïncider avec sa pratique de la photographie. “Cela suppose que ce qu’on appelle le style d’un photographe est moins affaire de vision que d’expérience, que ses images ne sont pas seulement des prises de vues, mais aussi des prises de possession de la réalité, qu’il chercherait non pas à montrer le monde qui l’entoure mais à agir sur lui. La photographie est la trace de cette action, de ses modalités, de ce sur quoi elle porte et de ce qui la motive. Ce renversement des idées reçues sur la photographie, Claude Nori le reprend à son compte dans son recueil d’images de jeunes filles. L’acte photographique
ne sépare pas un observateur, inquisiteur greffier de l’état civil, d’un sujet, témoignant nolo volens, mais réunit deux partenaires d’une action commune : « L’appareil photographique est un instrument de séduction qui me sert à rencontrer des filles, à briser quelques fois le mur de l’indifférence, à égayer les couloirs glauques du métro. » Comme les photographes de la FSA, grâce au Zeiss, avaient pu éviter d’effaroucher les fermiers avec qui ils cherchaient à être de connivence, de même le photographe moderne, grâce au Canon automatique, peut faire oublier son pouvoir discrétionnaire et se trouver dans le présent, à même d’aller aussi vite que ses propres émotions, de cadrer sans réfléchir.
Chaque prise de vue est une complice d’un témoin qui aurait, en quelque sorte, lui aussi son mot à dire. Ce sont donc ces rencontres, ces émotions, ces abandons irréfléchis, ces émois inconscients, ces fulgurants éblouissements de la beauté photographique du monde que le photographe donne à voir.
Jean Arrouye, La photobiographie, les Cahiers de la Photographie, n°13, 1984.

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Feuille de salle Claude Nori