Histoire de la photographie au Château d’Eau

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Le Château d’Eau comme lieu d’expositions de photographies a ouvert en 1974 sous l’impulsion de Jean Dieuzaide. Le Batiment construit au début du XIXe siècle était à l’origine un château d’eau dédié à l’alimentation en eau potable de la ville.
Le Château d’Eau a été inscrit comme monuments historiques le 28 septembre 1987(liste supplémentaire).

Origine du lieu

On doit le Château d’Eau au Capitoul Charles Laganne qui, soucieux du bien-être de ses concitoyens, fit don de 50 000 pièces d’or à la municipalité pour qu’ une eau “pure, claire et agréable à boire” soit distribuée aux Toulousains. Il faudra néanmoins près d’un demi-siècle aux responsables municipaux pour exaucer ce vœu. C’est en 1817 que le projet d’un château d’eau présenté par l’Ingénieur des Mines Jean-François de Voisins est retenu. En 1822, l’architecte Jean-Antoine Raynaud conçoit l’édifice et la machinerie hydraulique est confiée à Jean Abadie, directeur de la fonderie de canons de Toulouse.
Le château d’eau de Toulouse, avec son “aspect de solidité qui satisfait l’œil et l’esprit”, est désormais considéré modèle d’ingéniosité et de bon goût. On le cite vers 1830 parmi les réalisations industrielles françaises les mieux étudiées et les plus au point. Cette réalisation, à l’époque, change la vie des habitants.

L’eau de la Garonne épurée par des filtres installés dans la prairie au pied du cours Dillon, qu’on appelle aujourd’hui la “prairie des filtres”, est propulsée jusqu’en haut de la tour par 8 pompes. Après régulation du débit dans une auge circulaire placée au troisième étage, elle redescend et par gravitation alimente 90 fontaines (dont 15 monumentales) à écoulement constant (ce qui explique qu’il n’y avait pas besoin d’un réservoir placé au sommet comme nos châteaux d’eau actuels). Quatre mille m3 cubes d’eau sont ainsi distribués quotidiennement aux 60 000 personnes vivant alors à Toulouse.

Les pompes sont actionnées par deux roues à godets, de 8 m de diamètres (visibles dans la salle du sous-sol) mues par des eaux motrices prises au pied du Pont Neuf et amenées par un aqueduc. Un canal de fuite traversant en souterrain le faubourg St Cyprien rejetait ces eaux dans la Garonne un kilomètre en aval vers ce qui est aujourd’hui le Théâtre Garonne, rue du Château d’Eau.

Le bâtiment construit en briques foraines est remarquable par sa forme et par la finition dont il a été l’objet. La tour, posée sur une large base qui lui donne des airs de petit “Château Saint-Ange” (Rome) est coiffée d’une lanterne entourée d’une galerie. Du haut de ses 30 mètres, elle offre un très beau point de vue sur la cour de l’Hôtel Dieu St Jacques et au loin sur les toits en tuiles de la ville. Elle abrite trois étages auxquels on accède par un escalier en colimaçon, tout en bois, qui se développe autour de son axe formé d’un tronc d’arbre tourné.
On note également le souci esthétique avec lequel les bâtisseurs ont étudié l’ornement extérieur. Gargouilles en grés sculpté, épaulements moulurés, notamment, soulignent l’élégance de l’architecture. De son côté, la voûte en plein cintre circulaire du 1er niveau est un chef d’œuvre d’artisanat qui mérite notre admiration.

Vers 1870, la capacité devenant insuffisante, le Château d’Eau fut abandonné. Après avoir abrité le Service des cantonniers de la Ville et alors que ses jours étaient mis en danger, une “providence artiste” le destina fort heureusement à la photographie.
En avril 1974, à l’initiative de Jean Dieuzaide et grâce à la compréhension de Pierre Baudis, Maire de la Ville à l’époque, la Galerie Municipale du Château d’Eau ouvre ses portes à la photographie avec une exposition des œuvres de Robert Doisneau.
Voilà trente trois ans que ce lieu est consacré à la promotion de cet art. C’est ainsi que “Le Château d’Eau” est la plus ancienne institution de ce type en France.

Le bâtiment