Michael Kenna, Dans l’intimité du paysage

Michael Kenna, Le Château d'Eau, Toulouse
[CE.4817] Matin calme, Awati Island, Shikoku, Japon, 2002
Tirage argentique, 22x22cm


[CE.4816] Poteaux et Iles Nakashima, Lac Toya, Hokkaido, Japon, 2002,
Tirage argentique, 22x22cm
[CE.4817] Matin calme, Awati Island, Shikoku, Japon, 2002
Tirage argentique, 22x22cm
[CE.4815] Arbres submergés, Kohoku, Honshu, Japon, 2002,
Tirage argentique, 18x22cm

Acquisitions 2004, Collection du Château d’Eau, Toulouse

Né en 1953 en Angleterre où il fait ses études, notamment artistiques, au London College.
Vit et travaille depuis 1981, à San Francisco et est l’un des photographes les plus importants de ces vingt dernières années.
Il expose régulièrement dans le monde entier et a obtenu de nombreux prix.

Michael Kenna a été exposé au Château d’Eau en 2003-2004

Michael Kenna est un photographe et un tireur d’exception. Il voyage depuis plus de quarante ans à travers le monde pour capter des paysages, toujours en argentique, et en noir et blanc.
Il utilise un Hasselblad, un appareil photographique de moyen format, plus mobile qu’une chambre photographique, mais de grande qualité par la grande surface du négatif.
Ses tirages sont toujours de petits formats, le plus souvent carré, très proches des formats des négatifs eux-mêmes.

« Je fais souvent la comparaison avec les poèmes haïkus, je recherche l’épure, les compositions, simples, avec très peu de choses, j’invite le spectateur dans la photo pour qu’il la complète lui-même, je ne veux pas saturer l’espace, je photographie l’absence, celle des êtres humains, même si des éléments montrent toujours leur présence, ils ont été là et reviendront. »
Interview par France 3, 2012

Michael Kenna explore dans ses compositions, le potentiel de l’espace blanc dans l’image, la recherche de lignes, de la symétrie, d’angles de vue et de distance au sujet bien choisie.
Il joue aussi des temps de pose longs, de quelques minutes à quelques heures, jusqu’à 10 heures pour des photographies de nuit. L’effet cumulé de la lumière sur le film sensible adoucit l’image, et permet de capter ce que l’œil humain ne peut pas voir. Il rapproche l’image photographique de l’estampe.

Michael Kenna se dit inspiré par des photographes comme Edward Weston pour sa photographie pure, ou Eugène Atget qui revient sans cesse explorer les mêmes lieux, ou bien encore Josef Sudek dont la lumière irradie les photographies, ou enfin Mario Giacomelli pour ses choix graphiques très forts.

Il prend du temps pour réaliser ses photographies, parfois 6 mois, parfois 30 ans par l’editing de ses archives de négatifs.
Michael Kenna aime laisser reposer son travail pendant des mois après les prises de vue, commence alors la seconde phase créative du tirage dans la chambre noire.
Ce travail du tirage, Michael Kenna le qualifie de « conversation avec lui-même », processus pendant lequel il souligne le mystère latent de ces photographies. Il se compare à un compositeur ou à un sculpteur.

Les photographies de Michael Kenna, par la subtilité du noir et blanc, invitent à la contemplation, et à la méditation esthétique.

En savoir plus :
→ Voir le site de l’artiste
→ Aller à la page de l’exposition au Château d’Eau
→ Voir l’exposition Michael Kenna à la BNF [ressource pédagogique]