Sylvie Fontayne

Réalisée entre 1999 et 2000, cette exposition « Saynettes intimes » se construit dans une approche ludique à partir de petits moments, de territoires d’enfance, de mondes empreints d’intime. Ce travail rassemble une quinzaine de photographies couleur de format 1,20 x 1,20. Plus précisément, il s’agit de polaroids scannés puis tirés sur bâches dont l’aspect « toile cirée » rappelle le côté brillant du polaroid. {{Née à Montauban, elle vit et travaille dans le Tarn.}} Diplômée de l’École Nationale de la Photographie d’Arles, elle a été professeur d’histoire de l’art et de photographie à l’Université de Toulouse et à l’ École de photographie de Toulouse. Elle expose depuis 1989 en région et dans la France entière. {{Pan ! Pan}} {«L’image est ce en quoi l’Autrefois rencontre le Maintenant dans un éclair pour former une constellation. »} W. Benjamin {{Les mille et un secrets de l’univers photographique de Sylvie Fontayne scintillent dans le zodiaque de l’humanité enfant. Ces saynètes s’empourprent d’une théâtralité intimiste sous des airs de petites comédies.}}L’artiste nous embarque sur les rives d’une époque pleine de félicités à la couleur du charme magique de l’enfance ! De loin en loin, de pensées en nébuleuses, nous nous acheminons vers nos rêves d’Autrefois. Les objets que Sylvie Fontayne met en scène (jouets d’enfants, « bimbeloterie » kitsch au Club Mickey!!!), ont un contenu manifestement allusif, et en un clin d’œil deviennent « SOUVENIR MALABAR », symptôme ou « fantôme » du souvenir-écran. L’innocence que revêt cette imagerie fétichiste attire le spectateur clans l’apparente sécurité des territoires de l’enfance, pour ensuite l’affronter à une réflexion sur le temps, à une expérience sensible de la durée. La photographie pensive, l’instantané que met en œuvre Sylvie Fontayne, le polaroid, cette fenêtre dont le cadre est la métaphore plastique, ouvre la voie vers un deuxième monde à habiter ; c’est alors, Seulement, que l’œil peut pénétrer au royaume des rêves, de l’imagination ! Le souvenir accompagne [‘image d’une ombre colorée, son parfum fleuri et épicé à la fois, se répand par vagues au rythme du velouté des gammes chromatiques. La couleur construit l’espace visuel et participe au rite de passage de plans en plans, du flou à la netteté…. la réception de l’image se déplace ainsi à un niveau qui se situe en deçà du visible. La trace d’un temps atmosphérique y est encrée comme la buée de la mémoire. Ce voile, cet entre-deux lesté de nostalgie procède de cet infime décalage entre l’instant de vie et le souvenir qu’il est en train de devenir. Cet imaginaire « photobiographique » est une vision intermédiaire entre une mémoire de l’œil et un œil de la mémoire, entre regard et pensée, entre visibilité et latence, entre réalité et fiction, entre sucré amer. Ce caractère énigmatique que la photographie nous invite à interroger, fait de nous des archéologues à l recherche de ce qui, dans les images du passé peut activer notre conscience du présent. Chantal Vey.