Temps de silence

Dans l’introduction du superbe catalogue édité par la Fundaciô Caixa de Catalunya”, notre ami et confrère, Pere Formiguera, insiste sur la profonde poussée de la photographie en Espagne depuis quelques années. Elle occupe des espaces chaque fois plus notoires dans les manifestations artistiques. Les musées, entités promotionnelles de la culture, galeries d’art se rendent enfin compte de la maturité de cet art du XXe siècle et l’incluent dans leur programmation avec l’intention de rattraper le temps perdu. Après Arles et Toulouse, nous assistons à un changement courageux et important dans les tendances d’avant-garde menées par les Catalans très sensibilisés depuis longtemps. Une occasion pour nous, de rendre hommage au dynamique Josep Maria Casademont, ami de Oriol Maspons et de Jordi Olivé, ces admirateurs de notre Daniel Masclet (des années 30/50), qui exposait régulièrement dans sa galerie “Aixela” de Barcelone au cours des années 60, nos confrères Espagnols et publiait leurs oeuvres dans sa revue “Imagen y Sonido” devenue plus tard la revue “Eikonos”. De rendre hommage aussi à Carlos Pérez Siquier, fondateur du Groupe A.F.A.L. d’Alméria (1950-1962) et à 1″‘Ecole de Madrid” qui prend le relais en 1965, soutenus par la revue “Arte Fotografico” dirigée par Ignaço Barcelo depuis 1952. A partir des années 40, les arts plastiques entrent en Espagne dans de grandes difficultés obligeant à réfléchir sur le rôle que l’art doit jouer dans la nouvelle politique de l’époque. La photographie, qui avait participé activement aux mouvements d’avant la guerre sous l’impulsion de la “Real Societa Fotografica” de Madrid, se trouve dans une période de récession, et ce ne sera que vers la fin des années 50 et 60 qu’elle évoluera de façon sous-jacente et de manière significative : une génération d’auteurs, malgré l’hostilité du régime contraignant au silence toutes les formes d’art nouveau, se tourne vers une nouvelle vision de cet art : une photographie où prime essentiellement le reportage social avec tous les risques que cela comporte alors. L’exposition “Temps de silence”, un titre significatif, passe en revue les tendances de ces années là et rend hommage aux auteurs qui ont voué leurs efforts au progrès de la photographie espagnole malgré les difficultés du moment. Quatre parties différentes la composent : Le pictorialisme tardif, en décadence dans le monde entier, est encore pratiqué en Espagne au début des années 50, et jouit d’un prestige avalisé par des noms et des techniques d’une qualité indiscutable . On se souvient du succès de l’exposition José Ortiz-Echagüe présentée au Château d’Eau en 1984. Les Associations : clubs photographiques et concours sont les alternatives que trouvent les photographes de l’époque pour pallier au manque de diffusion de leurs travaux. Même en France jusqu’à la fondation des Rencontres d’Arles en 1970 et du Château d’Eau en 1974, la distance entre la photographie et le public est encore très importante. Le reportage social qui depuis la seconde guerre mondiale est en plein essor dans le monde entier se développe aussi en Espagne avec force. Professionnels et amateurs donnent une image physique et philosophique de leur pays avec un réalisme non dénué de qualités artistiques. La photographie moderne : malgré les difficultés de communication et de rapports avec la photographie étrangère, les nouveaux concepts en photographie qui se développent dans le reste du monde sont assimilés par certains photographes espagnols qui optent pour un chemin clairement évolutif et résolument avancé en particulier en Catalogne avec l’équipe de la revue “Nueva Lente”. Nous remercions très vivement la Fundacié Caixa de Catalunya d’avoir patronné cette exposition d’une rare importance sur la photographie en Espagne dans ces années de silence. Nos profonds remerciements vont aussi vers Madame Marta Canais, directrice des Affaires Culturelles de la Fondation, pour sa chaleureuse coopération… sans oublier notre bon ami Pere Formiguera. Jean Dieuzaide Auteurs de l’exposition:{{ F.Andrada, N.Ardanaz, L.Cantero, F.Catalâ-Roca, J.Colom, }} M.Cuadrada, G.Cuallad6 E.Dolcet, J.Dolcet, R.Fernândez. S.Ferré, M.Ferrol, M.Garcia Ferrer, M.Goicoechea, F. G6mez, R.G6mez Teruel, J.Gomis, F.Gordillo, P.Maria Irurzun, R.Lobato, J.Loygorri, J.MSdico, E.Mariani, J.Marti, R.Masats, O.Maspons, J.Massd, J.Miguel de Miguel, X.Miserachs, N.Muller, J.Olivé, F.Otân6n, J.Ortiz-Echagüe, L. Paz, C.Pérez Siquier, J.Pla Janini, J.M.Ribas Prous, R.Romero, Luis Rueda, I.Schmidt de las Heras, A.Schommer, T.Sirera, J.Suàrez, E.Susanna, R.Terré, J.Tinoco, J.Ubina, A.Vallmitjana, J.Veiga Roel, G.Vielba .”