Arthur Batut 1846-1918

Parmi les fabuleuses découvertes du XIXième siècle, celle de la photographie est fondamentale. Notre Sud-Ouest a contribué grandement à son développe-ment. A Villeneuve-sur-Lot en 1868 le physicien Louis Ducos du Hauron découvre et met au point, en même temps que Charles Cros, savant et poète de Fabrezan dans l’Aude (inventeur du phonographe), le procédé trichrome d’impression des couleurs. A Toulouse André Quinsac réussit en 1883, la première tentative au monde de mise en couleur sur papier journal des travaux de Ducos du Hauron par l’intermédiaire du procédé photocollographique”. Il faudrait aussi parler du Toulousain le Pr Charles Fabre auteur en 1890 d’une encyclopédie en huit volumes sur la photographie. Cette rétrospective sur la contribution de notre Sud-Ouest à l’art et la science de la photographie, serait incomplète si nous n’y associons pas les travaux d’Arthur Batut. Ce chercheur passionné par l’archéologie et l’histoire réussit en 1886 ses premières photographies aériennes avec une chambre en bois de sa fabrication pendue sous un cerf-volant conçu à cet effet (2m50x1m75) : une guillotine à ressort placée devant l’objectif se déclenche par une mèche d’amadou allumée au départ. Il réalisa également le “portrait-type” des habitants de Labruguière d’après l’idée géniale de l’Anglais Francis Galton : reproduire à l’aide de la photographie une figure dont la réalité matérielle n’existe nulle part, un être irréel dont les éléments constitutifs sont disséminés sur un certain nombre d’individus et qui ne peut être conçu que virtuellement, n’est-ce point un rêve ? “Si l’on fait défiler devant un appareil photographique une série de portraits d’individus appartenant à une même race, en donnant à chacun d’eux une pose trop courte pour en permettre la reproduction, et si leur nombre est suffisant pour que la somme de ces poses trop courtes atteigne la longueur d’une pose normale, on obtiendra le résultat que voici les traits individuels, n’ayant pas eu le temps de pose nécessaire, se trouveront éliminés et les traits communs à l’ensemble des portraits, ceux qui constituent le lien de la race, le type, apparaitront seuls sur la plaque ” (Arthur Batut). Ce moment important de l’histoire de la photographie serait sans doute passé sous silence, sans la perspicacité de Serge Nègre, enfant du pays et passionné de photographie qui a retrouvé ces documents et en assure la conservation.”