Walker Evans

1er au 30 janvier 1990
Havana, 1933

Le Château d’Eau a déjà exposé quelques images de ce nom prestigieux de la photographie des années trente, rendu célèbre, comme Dorothea LANGE, par la FARM SECURITY ADMINISTRATION” dont nous avons présenté les images en Décembre 1980. La conception photographique de Walker EVANS est originale et rigoureuse. Il la conçoit comme un moyen de conserver hors du temps des morceaux d’époque, sans se préoccuper de règles conventionnelles de conception de l’image, la vérité doit être découverte et non construite. Son style de, ce fait, repose sur deux principes : le) la soumission absolue à un contenu photographique littéral et précis, 2e) confiance à son intuition à condition de respecter une conscience aiguë de la nature et de la signification du bujet. Cerner le sujet avec simplicité et assurance pour que l’image ainsi faite, traduise une réalité indiscutable et non seulement la subjectivité de l’auteur En 1933, alors qu’il ne pratique la photographie que depuis quatre ans, Walker EVANS part pour Cuba sous le prétexte d’illustrer le livre d’un écrivain politiquement engagé, Carleton BEALS, “The Crime of Cuba”, et dont EVANS affirmera n’avoir jamais lu une seule ligne avant de prendre les photographies. Durant trois semaines, EVANS se trouve confronté à une réalité sociale, humaine, géographique dont il n’a pas la moindre idée avant son départ pour La Havanne. Fréquentant l’écrivain HEMINGWAY, il déambule dans les rues populaires et les faubourgs ruraux de la ville, avec l’enthousiasme et la distance propres aux photographes confrontés à une réalité dont la mise en forme se précise, sans pour autant gommer l’expérience de l’instant. Pratiquement inédites, les photos de HAVANA 1933 sont rassemblées pour la première fois dans l’esprit qui a présidé à leur réalisation : prostituées, chômeurs, classes populaires et élite latine-américaine, bonheur des formes architecturales et tropicales, scènes de rues, EVANS dresse le portrait d’une atmosphère et d’une époque à la fois cruelle et romanesque, en même temps qu’il assure sa démarche esthétique. Gilles MORA, rédacteur en chef des CAHIERS DE LA PHOTOGRAPHIE, a procédé avec l’aide de John T. HILL, exécuteur testamentaire de Walker EVANS, au choix de 100 images parmi les 400 négatifs conservés par EVANS. Jean Dieuzaide”