Bernard Descamps

1 au 30 septembre 1987

Cette obsession de l’espace, il l’a conclue dans le désert, pour des images qui respirent la sensualité et annonçaient la discrétion des nus, dans les mêmes tonalités de brun léger des virages récents. Le grain de sable répond au grain de peau comme le moutonnement des dunes évoque le galbe d’un sein ou d’une hanche. La vision de l’espace, quand les fonctionnements de la photographie ont été parfaitement maîtrisés, est devenue lyrique et pudique, poétique en tout cas, comme une ode à la beauté et à ses contemplations.
Cela n’a pas empêché que les gens soient présents, comme des rencontres qui ne devaient pas donner trop de leur identité, parce qu’elles étaient vraies et que l’image ne serait capable de garder que la trace, l’esquisse d’un instant.
On sent là une mise en œuvre de la photographie qui se sait libre, de voir, de regarder et d’ouvrir peu à peu nos yeux aux merveilles infimes qui nous entourent pour peu que nous soyons capables d’oublier les codes quotidiens et les fonctions obligées.
Christian CAUJOLLE. Août 1987.

Le temps de montrer des images Descamps sur les cimaises du Château d’Eau a tardé. Nous le souhaitions plus bref.
II ne faut rien regretter, le temps attend le temps, pour respecter le temps de faire, et de le bien faire. Qui plus que toi, Bernard, est apte à le comprendre ? « C’est au milieu de la Beauce dis-tu, que tu as découvert le Sahara et vice-versa ». Avant, le temps n’en était pas venu; avant, nous aurais-tu bien fait sentir ton « coup de cœur » qui dépasse l’espace de l’espace des rectangles ? Cet espace où circulent « notre » regard et celui que tu nous proposes, le tien. Nulle part nous y ressentons la chaleur légendaire et tropicale du Sahara, mais au contraire la fraîcheur d’un touché de jeunesse, tout empressé et ardent, les caresses sur grain de chair à une portée de félicité.
Et la lumière, toujours elle, court de dunes en autres dunes, comme portée par des «pennes» elles aussi toutes en courbes; elle suggère tout.., tout… même des harmonies de coryphée en notes de musique. Tu as eu fait de la peinture, dis-tu, et de la musique en un temps qui dure encore en toi; il durera longtemps… j’en suis sûr. C’est là ton art de vivre. Merci de nous permettre de le partager, avec l’aide de ton savoir-faire et de tes dons… ou de ta vocation…

Jean Dieuzaide