Sabine Weiss

1 au 31 mai 1985

Avec Sabine Weiss, regardons d’un peu plus près: les scènes, d’apparence inoffensive, ont été inscrites avec une volontaire malice, juste à ce moment précis de déséquilibre où ce qui est communément admis se trouve remis en question. Les concepts littéraires en prennent un bon coup, je veux dire que les vieillards ne sont pas forcément vénérables, pas plus que les soubrettes obligatoirement accortes.
Si cela dérange un brin, c’est très bien : c’est exactement le rôle que doit jouer la photographie.
J’ai dit malice, mais il n’y a là-dedans ni diablerie ni odeur de soufre, et si Sabine Weiss se sert d’un balai ce n’est pas pour ses déplacements mais pour faire le ménage dans le capharnaüm photographique.

Robert Doisneau