Déclics dans l’espace

1 au 31 octobre 1984
L’ESPACE…, NOUS ET LA PHOTOGRAPHIE

Dans la marche du progrès, il est bon parfois de se demander où l’on va ! L’homme se pose plus que jamais la question. Une revue de qualité faisait récemment état de la grande vogue de l’astronomie; les amateurs se comptent désormais par dizaines de milliers, ils étaient quelques centaines il y a vingt ans; ce n’est plus un passe-temps, on parle de véritable phénomène sociologique. Je le trouve réconfortant, pour ma part, et j’y vois confirmation de la prophétie de Malraux sur le devenir de notre XXIe siècle, et l’avenir de cet homme qui, plus que jamais, conserve cette capacité enfantine à s’émerveiller d’une étoile. Cet émerveillement s’amplifie avec tout ce que nous révèle la photographie.
Nous voyons désormais jusqu’à 15 milliards d’années-lumière et, grâce à l’électronique, qui n’existerait pas sans l’apport technique de la photographie, nous nous rapprochons de l’explosion initiale que savants et astronautes américains appellent le « Big-Bang ».
Nous découvrons, par /a photographie, « que nous habitons une planète insignifiante, tournant autour d’une banale étoile perdue entre les deux bras en spirale d’une galaxie de 100.000 années-lumière de diamètre, elle-même située aux confins d’un groupe clairsemé de galaxies semblables, perdues dans quelques cantons oubliés de l’univers, où les nébuleuses abondent plus que les hommes sur la terre ».
Nous découvrons enfin que le soleil n’est plus le centre du monde. Par la photographie et les médias de l’image, nous prenons conscience seulement aujourd’hui de la taille fabuleuse de l’univers et de sa prodigieuse histoire qui est en fait la nôtre.
En regardant ou en photographiant des objets lointains, astronomes, astronautes, spationautes et cosmonautes se transforment peu à peu en préhistoriens; de plus en plus, ils voient et nous montrent ces étoiles, ces planètes, ces galaxies telles qu’elles étaient au moment où la lumière (qui se déplace à 300.000 IJean Dieuzaide.