Claude Nori

1 au 30 juin 1983

Car s’il y a une évidence dans la photographie, c’est bien celle de raconter sa propre vie, d’être de plain-pied dans le réel, d’en épouser les formes et les risques comme la peau qui recouvre la main.Claude Nori.

L’œuvre d’un photographe ne vaut, après tout, que par sa cohésion. Elle n’est pas une succession de coups visuels, de coupes réussies (bien qu’elle puisse, en plus, être cela). Elle est un tout, un tissu dans lequel la trame se resserre au fur et à mesure qu’on saisit mieux le sens de ce que l’on entreprend. Le travail photographique de Claude Nori s’est ainsi développé autour de sa propre vie, non pas comme une excroissance gratuite qui viendrait agréablement doubler son métier d’éditeur, mais comme la nécessité absolue d’une existence réglée d’abord par le rapport aux femmes et à leur séduction, mais aussi par le souvenir irrévocable et nostalgique d’une décennie sans précédent, celle des « Sixties s et de son adolescence, baignée de toute part de slows italiens, émollients à longueur de jukebox et de siestes tendres, de chaises multicolores et de vespas aux formes rondes comme la sensualité du pays qui les a vu naître.
GILLES MORA