Christian Sarramon

1 au 30 juin 1981

Lisibles toujours mais toujours indéchiffrables, les photographies de Christian Sarramon résistent à l’interprétation. Elles sèment tranquillement des graines de doute. Questionnent, sans jamais affirmer. Carole Naggar, le 18 mai 1981.

Sarramon : un nom qui sonne clair dans la patronymique de notre région. Christian est le cadet de cette famille honorablement connue dans notre cité. A l’économie politique, dans laquelle on lui demandait de faire carrière, il a préféré la photographie; et pour mieux servir la photographie et notre région, il est devenu éditeur.
Nous lui devons quelques albums recherchés : « Occitanie », « Le Canal du Midi », « La Catalogne ». D’autres vont suivre afin que l’on reconnaisse, au-delà de notre « terre moundine », combien l’âme de notre région, ses hommes et ses paysages valent bien d’être considérés à leur juste valeur. II n’y a pas de bon sang que de Paris. Trop de gens au-dessus de la Loire ne l’ont pas encore très bien compris: jeune photographe, ce fut l’essentiel de mon propos et maintenant, ça l’est encore.
Suivant le terme consacré, Christian Sarramon travaille professionnellement en couleurs. C’est cependant en noir et blanc qu’il rédige l’essentiel de ses carnets de voyage dont il nous propose, au Château d’Eau, quelques extraits. Une vision tout à fait personnelle sur les cinq continents, à travers laquelle, à la limite, on penserait qu’il y en a un seul : le continent Terre. Ses rencontres nous font découvrir et nous apprennent combien une situation peut être la même ici, là ou ailleurs, à Paris comme à St-Félix de Lauragais, à New-York comme à Mykonos.
Christian, et ce n’est pas la moindre de ses qualités, est un homme réfléchi, calme et humain. Pour lui tous les hommes ont un corps et un coeur, des frères en somme, et c’est ce que nous retiendrons de son regard dans les rues du monde entier: c’est important.
Jean Dieuzaide