Hans Silvester

Irlande, mélancolie, 1961
Irlande, mélancolie, 1961

Un hameau solitaire du Vaucluse, une demeure en pierre sèche, discrète et blottie dans les parfums de Provence, un vaste et très franc sourire, un regard aimable et humain, c’est Hans Silvester qui vous accueille avec son calme.

Nous sommes au « Parrotier », Ce nid où il abrite tendrement sa famille, tandis qu’il cherche dans le monde entier des images à nous montrer et à nous faire entendre.
Dans cette ambiance à la hauteur de son œuvre, juste et équilibrée, il joue avec sa fille, le soleil, les fleurs et ses “Ieicas” en instance, il choisit et tire les images du précédent voyage, se repose, se recueille, prépare sa nouvelle moisson d’images à penser, et repart pour deux ou trois mois au Japon, dans les Andes ou tout simplement au Portugal.
Dans ses bagages vous trouverez l’essentiel: son extrême gentillesse, sa grande simplicité, sa loyauté, son jugement souple et humain, son sens du geste vrai j’allais oublier sa soif de curiosité et d’émerveillement. Tout cela fait de lui, à 37 ans, un des plus grands journalistes photographes du moment attaché à la très sérieuse Agence Internationale Rapho.
Sa vocation est d’être un témoin du monde et faire connaître la vérité aussi bien sur les terres lourdes de reproches à l’égard de l’homme que sur les terres de légendes.
Il voit avec intensité, s’efforce de comprendre avec amour, cherche à vivre sans artifice les joies et les peines des gens du Chili, des Indes, du Japon ou tout simplement des gitans de chez nous ou d’ailleurs.

L’essentiel de sa joie de vivre est de servir l’humanité et pourtant, en échange, cela lui vaut quelquefois d’expérimenter l’hospitalité des prisons du tiers monde.
Tout l’intéresse, ses yeux se posent avec le même intérêt sur un insecte escaladant la face nord d’un caillou, ou sur les bois morts décorant à la fin de l’hiver le delta de Camargue.
Son calme et sa patience nous offrent aussi, dans les plus grands magazines internationaux et dans de merveilleux livres, les jeux des huppes à la saison des amours ou celui des chevaux en Camargue. Cette très belle région est un jalon important de sa vie, il s’y retrempe tout en dressant un monument iconographique sur les chevaux, probablement unique à ce jour mais qui le laisse encore insatisfait.

Je pensais vous avoir raconté Hans W. Silvester et pourtant Jean Gohelle le connaît mieux encore : «… s’il se distingue de la tumultueuse cohorte des photojournalistes, c’est autant par la rigueur absolue de son raisonnement et de ses convictions que par son optimisme à ne pas confondre avec celui d’un naïf ». C’est peut-être en cela que Hans rejoint les plus grands, heureux comme lui d’avoir foi en l’image.

Jean Dieuzaide