Georges Tice

Le prix de 5 000 F du meilleur livre photographique de l’année, attribué par la ville d’Arles en 1973, a été décerné à “Paterson” de George A. Tice. Il est prévu dans le règlement que tout lauréat doit, l’année suivante honorer son prix par une exposition : c’est celle que nous vous proposons.

George A. Tice est né en 1938 à Newark, dans le New-Jersey (USA). Ayant eu un vif intérêt pour la photographie alors qu’il était âgé de 15 ans, il s’inscrivit à un club local d’amateurs et étudia plus tard ce médium à la Technical High School. Après un périple en qualité de photographe officiel de la marine américaine, il se consacra à la photographie de portraits, travaillant pour son propre compte et exposant dans des salons internationaux. Ses travaux ont depuis été publiés dans nombre de magazines et présentés dans des expositions en Amérique et à l’étranger. En outre, ses photographies figurent dans les collections permanentes du Métropolitan Museum of Art, e t de nombreux musées Américains et de la Bibliothèque Nationale de Paris.
Il a dirigé de nombreux ateliers à New-York et à New-Jersey et obtenu en 1973 un “National Endowment for the Arts Fellowship”. II réside en ce moment à Colonia, dans le New-Jersey, et il travaille comme photographe indépendant et enseigne la photographie à la New Schoo for Research à New-York City.

Ces photographies avaient précédemment déjà paru dans un livre ayant pour titre “Paterson”, édité par la Rutgers University Press à New Brunswick, dans le New Jersey.
George A. Tice s’exprime ainsi : “Ces photographies de la” “ville de Paterson, dans le New-Jersey, sont la conséquence indirecte “d’un voyage que j’ai effectué en 1965 en Californie. La Californie est “un pays au soleil radieux où tout paraît être de date récente. Après un “séjour de plusieurs mois, je rentrai chez moi, et ce retour vers l’Est me “valut une révélation. La lumière intense et les vives couleurs de la Californie m’avaient amené à regarder ce monde plus ancien d’un tout autre oeil ; ici, le paysage n’était parfois que couleur, presque comme une civilisation ancienne, et le gris prédominait dans l’atmosphère. De plus, c’était aussi un monde modelé par l’homme d’hier et d’aujourd’hui. De-” “vont cette vision, je commençai à projeter de fixer par la photographie” “L’expression dominante émanant de la côte orientale – la ville… Pater” “son est située dans une vallée, au pied de la montagne Garret, du sommet de laquelle on découvre tout le panorama de la ville depuis l’époque” “de sa naissance. On se demande comment elle a commencé, à quoi “ressemblait son passé. On découvre des échantillons du temps présent et ” “peut-être même peut-on augurer de son avenir. “La montagne même “était immuable. Elle avait été là de tous les temps : un amas de rochers;” “d’herbes et d’arbres. La vallée, également, était ancienne. La Cascade de la rivière Passaic a toujours fait partie de la vallée, datant d’avant ” “l’homme et sa ville. Il me semblait que, si j’étais amené à vivre à Pater-” “son, sa montagne serait pour moi un vrai sanctuaire, un lieu d’agréable ” “verdure où j’écouterais mieux le bruit de la cascade que les Indiens d’antan, une voix émanant de la puissance des éléments, une source de mer-” “veilles et de craintes.
“Toutefois, même vue de la montagne Garret, on se rend ” “compte que la ville de Paterson ne cadre guère avec la magnificence de” “sa situation naturelle. Nous nous trouvons ici devant une dégradation ” “certaine. La cupidité et l’indifférence ont entaché les nobles bâtisses de” “ce site. Ma pensée allait à tous les gens ayant traversé Paterson, au déclin de leur genre de vie et aussi aux gens appelés à y venir. Tout ce que” “j’avais envie de photographie-se trouvait étalé devant moi, dans l’attente” “d’être redécouvert par le moyen de la caméra…”
George A. Tice s’est servi d’une caméra 8x10inches, il a utilisé un film Tri X de 200 ASA, développé au révélateur D-76.

Extrait de “Camera” Mai 73,
Documentation recueillie par Jean DIEUZAIDE