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©
Dorothée Smith |
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En
écho au travail de Laura Henno présenté dans la
Grande Galerie, le Château d’Eau propose deux séries
de Dorothée Smith plaçant ses préoccupations (trans)identitaires
au coeur de sa recherche plastique et théorique. Dans la série
Löyly, Dorothée Smith réalise des portraits grand
format d’êtres androgynes traversés par la question
de l’identité et du gender. Sub limis son dernier travail
a été réalisé lors d’une résidence
en 2010 avec Antoine d’Agata à l’atelier de Visu
à Marseille.
"Dans la langue finnoise, le terme Löyly désigne la fumée bénéfique qui provient de l’eau glaciale versée sur des pierres brûlantes, passant ainsi de l’état liquide à l’état gazeux. Sub Limis désigne tout à la fois le passage alchimique d’un état à un autre, et de façon plus abstraite, quelque chose qui se trouve en haut, suspendu, mais toujours comme au seuil d’une limite. Les deux séries présentées ici s’inspirent de la transformation de la matière, allégorique d’une mutation du genre, liée à un environnement naturel troublé dans son écosystème depuis les prémices de l’ère nucléaire. La brume, le flou et la fumée sont autant d’éléments opaques qui symbolisent la rhétorique du « trouble dans le genre ». L’approche
du visible chez Dorothée Smith, luministe et sombre à
la fois, vaut comme image de l’incertitude des rôles sexués.
La question du genre, thématisée depuis plus de vingt
ans par la philosophie (en premier lieu par l’Américaine
Judith Butler) tient une place non négligeable dans l’élaboration
intellectuelle de son œuvre, profondément enracinée
dans son temps. Dans son monde parfois traversé par une certaine
violence, les visages d’une douceur inexprimable, les yeux perdus,
les corps lovés ou offerts dans les mirages d’une chaude
intimité, les tiédeurs de banquise sublimée en
haleine et les horizons sans vie sont polarisés, comme des aurores
magnétiques, par le nouveau mode de défi lancé
à la séparation des sexes par le monde actuel. Il s’agit
moins ici de métaphores que de métamorphoses. Cette remise
en cause, souvent perceptible dans les physionomies, semble trouver
dans ces scènes de nature où l’eau, la glace et
la vapeur jouent de leur mutabilité, une sorte d’expression
climatique, littéralement comme si les points de congélation
ou de surfusion faisaient office d’acteurs conceptuels de la dichotomie
masculin-féminin devenue vacillante. Certains
ont pu repérer dans ses images un écho de la peinture
de la Renaissance, d’autres une veine romantique. De quoi s’agit-il
? D’une gravité propre à la peinture de portrait
florentine, ou des paysages parfois crépusculaires de ses arrière-plans
? Ou bien de la ferveur ombrageuse d’un peintre allemand comme
Caspar David Friedrich ? On pourrait songer à l’univers
du peintre danois Vilhelm Hammershøï. On y retrouvera peut-être
l’austérité de vitrail de quelque église
luthérienne de Scandinavie. Site personnel de l'artiste : http://dorotheesmith.net Monographie à paraître. Editions Château d'Eau. |
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| Exposition
ouverte du mardi au dimanche de 13.00 à 19.00 - fermé le
lundi |
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