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En contrepoint de l’exposition Cindy Sherman voici
une sélection d’autoportraits tirés
des collections du Château d’eau.
Les modes de réalisation de l'autoportrait sont
multiples. Certains maintiennent intact le protocole
photographique: le photographe se réfléchit
dans un miroir, se laisse absorber dans un reflet, projette
son ombre ou une partie de son corps dans le champ.
Il reste alors derrière son appareil, maîtrisant
les deux parties de l'acte photographique : l'oeil vise,
le doigt déclenche. [...]
Mais quelle que soit la manière dont il "s'en-visage"
ou se "dé-visage", l'autoportraitiste
se trouve toujours pris dans un jeu de miroir, de dissociation
de l'acte photographique, de distanciation vis à
vis de lui même, provoquant une série de
"situations fausses" dont il ressort rarement
indemne. [..]
Car ici comme dans l'exercice autobiographique ce qui
fait l'intérêt du genre c'est l'inévitable
écart qui s'installe entre soi et soi, parfois
jusqu'à perte de vue, et qui prend la forme de
ce que Denis Roche nomme "les contorsions de l'autoportrait".
Distorsions, déformations, surcharges, évitements,
travestissements, exhibitions, mises en abîme,
mises en scène sont le plus souvent les formes
de "brouillage" que prennent ces "tentatives
d'échappement" à la mise à
mort que constitue toute photographie.
Dominique ROUX