Émile Zola Photographe!

Les tirages de la collection sont des épreuves modernes à partir des plaques de verre originales. Courtesy Famille Leblond-Zola

A propos d’Émile Zola, photographe

Tout en lui le prédispose à rencontrer la photographie. Son sens inné de l’observation, son souci de saisir dans la banalité du quotidien tout ce que la cuirasse de nos habitudes cache à notre regard. Sa volonté de trouver dans tous les aspects les plus fugitifs du réel, beauté ou poésie. Emile Zola, écrivain, ne peut pas envisager la photographie exclusivement comme un aimable passe-temps, mais au contraire comprend très vite l’autonomie réelle et scientifique de ce moyen d’expression : « à mon avis, écrit-il, vous ne pouvez pas dire que vous avez vu quelque chose si vous n’en avez pas pris une photographie, révélant un tas de détails qui, autrement, ne pourraient pas être discernés « . « Quand j’évoque les objets que j’ai vus, je les revois tels qu’ils sont réellement avec leurs lignes, leurs formes, leurs couleurs, leurs odeurs et leurs sons. C’est une matérialisation à outrance, le soleil qui les éclairait m’éblouit presque. » Comme par ses écrits, Zola emprunte ses sujets à l’environnement tout proche de lui, et d’abord à son entourage familial ; peut-être voulait-il en cerner le mystère et retenir le temps…
Les portraits de Jeanne Rozerot, la mère de ses enfants, sont émouvants. Il a su la saisir avec son attachante beauté, tantôt dans le jardin, son regard un peu triste mais plein de rêve, tantôt dans l’intimité, vêtue d’un simple drap blanc, les épaules nues. Au-delà de ce qui peut paraître « rêverie sur le corps féminin », d’autres images montrent Jeanne au milieu de leurs enfants, Denise et Jacques au moment du goûter ou de la correction des devoirs. L’écrivain aime beaucoup ces moments et s’auto-photographie au sein de sa petite famille, toutes mains enlacées. Le côté intime ne doit pas nous faire oublier l’énergie que déploie Emile Zola en photographie : elle est semblable à celle dépensée pour son remarquable labeur d’écrivain. Il compose des natures mortes, photographie des fleurs, des paysages, des gens, des trains, des automobiles, des scènes de genre à Londres pendant son exil et Paris qu’il aime d’amour. Texte Jean Dieuzaide

Repères biographiques
Emile Zola réalisera près de 7000 plaques photographiques entre 1840 et 1902. Comment pour son œuvre littéraire, il expérimente son regard naturaliste sur Paris, sa famille ou encore son exil en Angleterre, parfois avec des cadrages audacieux. « A mon avis, écrit-il, vous ne pouvez pas dire que vous avez vu quelque chose si vous n’en avez pas pris une photographie, révélant un tas de détails qui, autrement, ne pourraient pas être discernés « .

Voir l’album sur Flickr

Flickr Album Gallery Powered By: Weblizar